Comparées à cela, les premières expériences professionnelles dans l’industrie alimentaire et des produits de luxe américaine sont décourageantes. Haddaway dit « good bye » au « Big Business » et à une carrière d’académicien et se consacre entièrement à la musique. « Si tu peux gagner de l’argent en exerçant ton hobby, tu sautes sur l’occasion », dit-il.

En 1989, il s’installe à Cologne, joue au football dans l’équipe des « Cologne Crocodiles », travaille comme chorégraphe et marchand de tissus et fait de la musique. Entre-temps, il a dit au revoir à la trompette, « Les femmes ne sont pas attirées par les trompettistes ». Il jour passablement du piano, de la basse et de la guitare et crée plusieurs groupes. En 1992, il tombe sur la chanson « What Is Love ». Lors d’une longue session, Haddaway se l’approprie – le reste, c’est de l’histoire de la musique. Dans presque chaque pays d’Europe, « What Is Love » devient le numéro un, sauf en Allemagne où le tube arrive en deuxième place – mais cela quand même pendant 23 semaines. Aux USA, il arrive à la quatrième place des « Singles Charts ». (Trois ans plus tard, la chanson réussit un retour et prend d’assaut la Pole Position en Amérique.) S’en suivent un flot de métal précieux et deux échos.

Venons-en à « Pop Splits », l’album actuel d’Haddaway. Le chanteur, compositeur et musicien y est plus conscient de sa propre valeur, plus mûr et plus universel que jamais auparavant. Le single séparé « Spaceman » est un titre sensible au tempo moyen, d’un lyrisme inhabituel. « Je suis le Spaceman, un homme sur cette planète, avec un point de vue multiculturel. J’observe la façon qu’ont les étoiles de bouger. Je chante pour les planètes comme je chante pour les femmes. Je regarde Pluton, Mars, Vénus et, à la fin, j’atterris sur la Terre. » Par ailleurs, le disque au sang chaud comporte des « remplisseurs de piste de danse » irrésistibles tels que « Fallen angel » et « Not in My Bed », dont les grooves contagieux font immédiatement bouillonner l’ambiance. Dans une balade émotionnelle telle que « It Was Nice », Haddaway prouve qu’il possède une voix classique de Soul, peut-être la plus puissante en Europe. « Catch You If I Can » est un rock soft, cool, aux rythmes pulsants et un harmonica chantant le blues, avec laquelle l’homme de Trinidad / Tobago conquit immédiatement la dame de son cœur. Il y a également un duo enflammé du nom de « Missionary Man » avec l’américaine et Berlinoise d’adoption Delia Miles, le premier du de sa carrière. A la fin, l’on a un album qui convainc par une musique intemporelle, indépendante de toutes les modes et tendances.

Toutes les chansons ont déjà réussi un test décisif : « Je demande toujours à des femmes ce qu’elles en pensent, jamais aux hommes. Les femmes sont directes et brutalement franches », dévoile Haddaway. A la fin, le jury féminin donna son accord. Comment pourrait-il d’ailleurs dire non à une musique qui déborde carrément d’émotion, d’âme et de musicalité ? « Je suis enthousiaste de la vie », dit Haddaway, un sourire radieux aux lèvres. C’est exactement ce que l’on ressent dans ses chansons.

Le nouvel album « Haddaway – Pop Splits »